Les résultats concernant l’efficacité du neurofeedback pour le TDAH sont mitigés. Lisez cet article pour en savoir plus.

En 2009, des chercheurs ont publié une méta-analyse qui a examiné l’impact du neurofeedback sur les symptômes du trouble. Ils ont conclu que le neurofeedback pouvait conduire à :

– des améliorations à grande échelle de l’impulsivité et de l’inattention

– des améliorations à moyenne échelle de l’hyperactivité

Les auteurs ont suggéré que le neurofeedback pourrait être un traitement « efficace et spécifique » des symptômes du TDAH.

En 2011, les chercheurs ont suggéré que le neurofeedback pourrait avoir un effet placebo.

Ils ont mené une étude dans laquelle huit jeunes participants âgés de 8 à 15 ans ont subi 30 séances de neurofeedback, tandis que six autres ont reçu un faux neurofeedback. Les deux groupes ont connu des changements similaires.

Une revue des études réalisée en 2013 a inclus le neurofeedback dans une liste d’interventions susceptibles de produire des améliorations « statistiquement significatives » des symptômes du TDAH.

Dans une étude pilote, toujours à partir de 2013, les chercheurs ont comparé les effets du neurofeedback à ceux des stimulants, un traitement largement accepté pour le TDAH.

Seize participants âgés de 7 à 16 ans ont pris des stimulants, et 16 ont suivi 30 séances de neurofeedback sur une période de 7 à 11 mois. Les participants qui ont pris les médicaments ont constaté une réduction des symptômes du TDAH, tandis que ceux qui ont subi un neurofeedback n’en ont pas eu.

En 2014, les chercheurs ont publié une méta-analyse des résultats de cinq études précédentes sur le neurofeedback et le TDAH.

Ils ont pris en compte les évaluations des parents et des enseignants des enfants qui avaient suivi le traitement. Dans l’ensemble, les parents ont signalé des améliorations en matière d’impulsivité, d’inattention et d’hyperactivité, mais les enseignants n’ont constaté une amélioration qu’en matière d’inattention.

Les chercheurs ont conclu que le neurofeedback pourrait être utile pour les enfants atteints de TDAH.

En 2016, les auteurs d’une méta-analyse ont constaté que des essais bien contrôlés n’avaient pas fourni suffisamment de preuves pour soutenir le neurofeedback comme traitement efficace du TDAH. Les auteurs ont appelé à des recherches plus approfondies.

Critiques du neurofeedback

Si certaines études ont donné des résultats prometteurs, les critiques soulignent que plusieurs de ces études présentaient des défauts de conception. Les défauts d’une étude peuvent rendre difficile la preuve de l’efficacité d’une technique.

De nombreux auteurs ont demandé que des recherches supplémentaires soient menées. Certains chercheurs ont critiqué le neurofeedback comme une escroquerie lucrative, tandis que d’autres ont exprimé leur inquiétude quant à l’absence de lignes directrices.

Les auteurs d’une étude de 2016 ont noté que, bien que le neurofeedback soit non invasif, les preuves disponibles n’ont pas prouvé son efficacité. En outre, ils ont écrit

« Il est coûteux, prend beaucoup de temps et ses avantages ne sont pas durables. De plus, il peut falloir des mois pour obtenir les améliorations souhaitées ».

Est-ce sûr ?

Le neurofeedback est non intrusif, et ses partisans affirment qu’il est sûr.

Cependant, il peut avoir des effets secondaires indésirables :

– la fatigue mentale

– les anciens sentiments qui reviennent, par exemple dans des rêves vifs, avant de disparaître définitivement

– vertiges, nausées et sensibilité à la lumière chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien

Coût et assurance

Le neurofeedback peut être coûteux.

Un article paru en 2017 dans Bloomberg Businessweek a indiqué que 30 séances de 40 minutes chacune pourraient rapporter un total de 2 200 euros, plus des frais d’évaluation initiale de 250 euros.

Il peut être difficile d’obtenir une couverture d’assurance pour la thérapie de neurofeedback, et une personne devrait vérifier avec son fournisseur avant de procéder.

Le neurofeedback est indolore, et son principal inconvénient peut être le coût. Si les autres traitements du TDAH se sont révélés inefficaces, le neurofeedback peut valoir la peine d’être essayé.

Voici quelques questions à poser à un praticien :

– Quel est le coût du traitement ?

– Comment mesurer les améliorations ?

– Combien de temps faut-il pour voir les résultats ?

– De combien de séances aurai-je besoin ?

– Combien de temps prendra chaque séance ?

– Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour augmenter l’efficacité du traitement ?

Toute personne envisageant de modifier son plan de traitement du TDAH doit en parler avec un psychiatre ou un autre prestataire de soins.

En conclusion

Le neurofeedback peut aider à soulager les symptômes du TDAH, mais il peut être coûteux et il faut plus de preuves pour en démontrer l’efficacité.

Toute personne envisageant de recourir au neurofeedback doit également contacter la Société internationale de neurofeedback et de recherche afin de s’assurer que le praticien qu’elle envisage est certifié.